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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 11:17

 

Tout le monde sait bien qu'un médicament ne peut être efficace qu'à condition de le prendre à dose suffisante. Avec la vitamine D, c'est pareil, et cela explique d'ailleurs pourquoi certaines études cliniques visant à évaluer l'intérêt de la vitamine D pour prévenir ou influer sur le cours d'un certain nombre de maladies graves ou chroniques, produisent des résultats si différents, tantôt très décevants, tantôt très prometteurs.

 

Pour mettre ce qui suit en perspective, je rappelle que l'organisme d'un adulte en bonne santé vivant sous nos latitudes, utilise de l'ordre de 3000 à 5000 UI de vitamine D par jour. Pour les personnes déjà malades, les besoins peuvent être encore plus élevés. L'alimentation n'est à même de couvrir que 5 à 10 % de ces besoins. Il n'y a donc pas d'autre choix que de s'exposer suffisamment au soleil ou, à défaut, de se supplémenter. Sinon, c'est la déficience assurée ! D'après les recommandations récentes de grands spécialistes de la vitamine D réunis au sein de The Endocrine Society, la conservation d'un taux sérique de vitamine D supérieur à la valeur plancher (30 ng/ml) passe par une prise orale quotidienne de 1500 à 2000 UI par jour.

 

Le décor est planté. Revenons maintenant à nos chères études... aux résultats si divergents ! L'une d'elles a ainsi montré que la vitamine D ne parvenait pas à réduire le risque de cancer, alors qu'une autre, au contraire, concluait que les femmes supplémentées avait 77 % moins de risque de développer un cancer. La différence entre les deux ? Dans la première, les participants prenaient 400 UI par jour, et dans la seconde, 1000 UI par jour. Rappelez-vous : 400 UI, cela ne couvre grosso modo que le dixième des besoins journaliers en vitamine D ! Voilà pourquoi il faut toujours accueillir avec un certain recul les résultats d'études et ne pas « gober tout cru » des assertions définitives, du style : « la vitamine D est inefficace pour prévenir le cancer ». Si la vitamine D ne s'est pas montrée à la hauteur des espérances placées en elle, c'est peut-être pour la bonne et simple raison qu'elle n'a pas été administrée à DOSE EFFICACE aux volontaires de l'étude...

 

Autre illustration du même sujet avec ces études mesurant les effets de la supplémentation en vitamine D dans le domaine de la prévention des chutes chez les personnes âgées. Quand on s'est contenté de donner 200 ou 600 UI par jour, aucune réduction du risque de chute n'a été observée. Par contre, le fait de donner 700 à 1000 UI par jour s'est traduit par une diminution significative du risque (-20 %).

 

Dans les exemples cités, les doses administrés oscillaient donc entre 200 et 1000 UI par jour... alors que pour simplement s'assurer de dépasser la valeur plancher, il convient de prendre 1500 à 2000 UI par jour ! Pourquoi une telle frilosité de la part des chercheurs ? Sans doute parce que le mythe de la toxicité de la vitamine D a la vie dure. Les plus grands experts de la vitamine D s'accordent aujourd'hui pour dire qu'il n'y a pas de toxicité à craindre en dessous de 10 000 UI par jour. Le problème est que les autorités sanitaires ont deux trains de retard sur le sujet, d'où un décalage entre leurs recommandations et celle des experts les plus pointus en matière de vitamine D. Fort heureusement, la donne a commencé à changer en fin 2010. En effet, les autorités sanitaires nord-américaines ont décidé de relever à 4000 UI l'apport oral quotidien maximal en vitamine D. Cela a son importance, dans la mesure où le plus gros bataillon de chercheurs travaillant sur la vitamine D, se rencontre outre-Atlantique. Relation de cause à effet ? Toujours est-il que de plus en plus de projets d'études cliniques avec emploi de doses importantes de vitamine D sont en train de voir le jour. On ne peut que s'en réjouir, sachant qu'il faut en réalité s'approcher de la barre des 40 ng/ml pour commencer à pleinement bénéficier des effets extra-osseux de la vitamine D. Quelques exemples :

 

> Dans l'étude américaine VITAL (Vitamin D and Omega 3 Trial), on va ainsi déterminer si un apport oral quotidien de 2000 UI de vitamine D ou de 1000 mg d'oméga 3, réduit le risque de développer un cancer, une maladie cardiaque ou un accident vasculaire cérébral chez 20 000 personnes du troisième âge n'ayant jamais eu à connaître aucun de ces problèmes de santé auparavant.

 

> Dans l'étude américaine lancée par le Roswell Cancer Institute, on va mesurer l'effet thérapeutique de la vitamine D chez des patients atteints d'un cancer de la prostate. Durant 6 mois, le premier groupe recevra 4000 UI par jour ; le second, 6000 UI par jour, le troisième, 8000 UI par jour ; le quatrième, enfin, 10 000 UI par jour.

 

> Dans l'étude américaine initiée par l'University of British Columbia, on va mesurer l'effet thérapeutique de la vitamine D chez les patients souffrant d'un cancer du côlon métastasé. Sur une période de 16 mois, l'objectif va consister à supplémenter ces patients à dose suffisamment efficace pour que leur taux sérique finisse par s'établir dans la fourchette 80–100 ng/ml (pour rappel, le seuil de toxicité est fixé à 150 ng/ml). On leur administrera au moins 2000 UI par jour, mais certainement plus, vous l'imaginez bien.

 

> Dans l'étude américaine impulsée par le Children's Hospital of Philadelphia, on va évaluer l'intérêt d'une supplémentation en vitamine D chez 44 enfants, adolescents et adultes séropositifs. Dans la première partie de cette étude, d'une durée de trois mois, certains recevront 4000 UI par jour, et les autres, 7000 UI par jour.

 

> Dans une étude danoise destinée à évaluer l'intérêt de la supplémentation en vitamine D durant la grossesse pour prévenir l'asthme infantile, environ 600 femmes enceintes prendront quotidiennement 2400 UI de vitamine D à partir de la 24e semaine de grossesse et ce, jusqu'à la fin de la première semaine suivant l'accouchement.

 

> Dans une étude américaine conduite par la Columbia University, on va évaluer l'intérêt d'une supplémentation en vitamine D chez une quarantaine de femmes post-ménopausées ayant un risque élevé de développer un cancer du sein. Pendant un an, elles prendront 20 000 ou 30 000 UI par semaine, soit l'équivalent d'une prise moyenne de 2800 ou 4200 UI par jour. Au bout d'un an, divers examens permettront de mesurer les effets biologiques de la vitamine D au niveau du sein.

 

Une fois de plus, on constate que ce sont surtout nos amis américains qui jouent le rôle de précurseur en matière de recherche sur la vitamine D...

 

Ah, une dernière précision : plus la supplémentation en vitamine D est importante, plus la nécessité d'une supplémentation en magnésium s'impose. Prenons l'exemple d'une personne carencée en vitamine D. Pour remonter son taux sérique, elle va donc devoir prendre plus de 4000 UI de vitamine D par jour. Eh bien, dans ce cas, elle devra aussi veiller à prendre quotidiennement 500 mg de magnésium élémentaire. Pour tous ceux qui n'ont pas encore lu mon livre, je rappelle que toutes les enzymes qui métabolisent la vitamine D requièrent du magnésium !

 

 

Didier Le Bail

 

http://naturopathe-vincennes.sitew.com

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commentaires

lehaguez 05/10/2013 08:48

bonjour,
je prend un complexe d'oligo elements dont du magnesium 2 mg avez vous une marque ou une ref pour choisir le meilleur mag (marin?)
merci
corinne

marie MOYRET 18/04/2012 10:33

La vit.D3 du Lab.des Granions :huile de poisson et de foie de Flétan ; dont vit.D = 5 µg et vit.A =600 µg...!
Question : si on prend 4 caps/jour pour avoir 800UI de D, on va avoir 4*600=24000 µg de A soit 960.000 UI de A/jour !?? Est-ce dangereux ? Merci de v/réponse.
M.R.M.

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