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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 12:06

 

Les médias se sont emparés des résultats d'une étude française publiée par l'Institut de Veille Sanitaire dans son Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire du 24 avril. Cette étude a été réalisée sur un échantillon de 1587 adultes à partir des données de l'Étude nationale nutrition santé (ENNS, 2006 – 2007). Il en ressort que 4 adultes sur 5 souffrent d'un déficit en vitamine D !

 

La bonne nouvelle, c'est que la médiatisation de cette étude auprès du grand public va permettre à ce dernier de prendre un peu plus conscience de la réalité de l'épidémie de déficience en vitamine D. Par contre, force est de reconnaître qu'elle ne révèle absolument rien que l'on ne sache déjà. À vrai dire, de très nombreuses études épidémiologiques ont déjà été publiées un peu partout dans le monde. Celle-là n'est que l'énième d'une longue série qui atteste, sans ambiguïté aucune, que la vitamine D est bien le nutriment dont on manque le plus, surtout dans l'hémisphère Nord. Pour ce qui est de la France, une étude comparable publiée en 1997 avait déjà montré que 78 % des adultes souffraient d'un déficit en vitamine D. Rien de nouveau sous le soleil, donc... Mais une chose est désormais sûre : le temps n'est plus à l'analyse, à la discussion, à la controverse. Stop ! Place à l'action, tant au niveau individuel que collectif (autorités sanitaires, médecins, dermatologues...).

 

Je vais maintenant m'atteler à mettre en exergue certains résultats et commentaires figurant dans cette étude conduite par Michel Vernay et ses collègues au sein de l'Unité de surveillance et d'épidémiologie nutritionnelle (Usen).

 

> Premier point : l'étude montre que les apports alimentaires quotidiens moyens en vitamine D sont de 92 UI. Une véritable misère, si l'on considère que les apports journaliers recommandés (AJR) sont fixés à 200 UI en France (et à 600 UI en Amérique du Nord !). En vérité, la vitamine D est apportée à 90 %, sinon plus, par l'exposition au soleil. Seul le reste provient de l'alimentation (poissons gras, oeufs, abats...). Pour vous donner une idée du faible impact des apports alimentaires, sachez qu'il faut un apport oral quotidien de 100 à 150 UI pendant plusieurs mois pour espérer augmenter son taux sérique de seulement 1 ng/ml. Personnellement, il m'a fallu un apport complémentaire de 150 UI par jour pour gagner 1 ng/ml ! Pour info, je rappelle que la valeur plancher est fixée à 30 ng/ml (< 30 ng/ml = déficience légère ; < 20 ng/ml = déficience marquée ; < 10 ng/ml = carence avérée).

 

> Deuxième point : l'étude met en lumière la saisonnalité de la déficience en vitamine D, davantage marquée en fin d'hiver. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 65 % d'adultes déficitaires en vitamine D entre juin et septembre... et 90 %, entre février et mai ! Pour ceux qui l'ignoreraient, au-delà de 40 à 42° N de latitude (Paris est situé à 48,50°), il n'y a pratiquement plus de synthèse cutanée de vitamine D entre les mois d'octobre et de mars inclus, soit une moitié de l'année ! D'où l'importance d'optimiser son taux sérique de vitamine D avant la saison froide. À ce titre, octobre paraît être le mois idéal pour procéder à un test sanguin afin d'évaluer ses besoins en vitamine D avant l'hiver. Taux sérique optimisé = meilleure immunité = meilleure résistance face à la grippe (des études l'ont prouvé !). Ce n'est que lorsque le taux sérique approche 40 ng/ml que l'organisme commence vraiment à faire des réserves de vitamine D.

 

> Troisième point : contrairement à ce que l'on aurait pu penser, le déficit en vitamine D ne s'observe pas prioritairement chez les personnes les plus âgées, dont la peau synthétise pourtant beaucoup moins bien la vitamine D. En effet, l'étude met en évidence qu'il y a davantage de personnes concernées par une déficience marquée et une carence avérée dans la tranche 18–29 ans que dans la tranche 55–74 ans (respectivement 45,9 % et 7,5 %, contre 41,7 et 1,9 %). Cela confirme, si besoin était, que la déficience en vitamine D affecte toutes les tranches d'âge, du nourrisson jusqu'au vieillard.

 

Pas plus tard qu'avant-hier, je suis tombé sur une étude autrichienne de fin 2011 réalisée sur un échantillon de 215 étudiantes se destinant aux métiers de la santé. Les tests sanguins pratiqués en fin d'hiver chez ces jeunes femmes résidant à une latitude d'environ 47° N, ont révélé que 89,3 % d'entre elles étaient déficitaires en vitamine D. Si jamais ce déficit perdure, elles ne manqueront pas de le transmettre à leur future progéniture, avec tous les risques que cela comporte pour la santé de ce dernier : faible poids de naissance, fragilité osseuse, affections respiratoires sévères, asthme infantile, susceptibilité plus grande aux maladies auto-immunes, notamment au diabète de type 1, etc. Dans mon livre, je n'ai pas hésité à consacrer un chapitre entier à ce problème de la transmission mère–enfant de la déficience en vitamine D.

 

> Quatrième point : les auteurs de l'étude invitent à revoir le discours habituel relatif aux dangers du soleil. Dans le but de juguler l'épidémie de déficience en vitamine D, « des pays comme l'Australie ou l'Angleterre, ont récemment adapté leurs messages de santé publique relatifs aux dangers du soleil en rappelant à la fois les risques, notamment en termes de cancer de la peau, d'une exposition excessive (ou sans protection) et les bienfaits d'une exposition raisonnable (pour la production endogène de vitamine D) ». Ils précisent aussi que « les conditions d'ensoleillement nécessaires pour la production endogène de vitamine D ne se rencontrent qu'entre les mois de juin et octobre et uniquement lorsque le soleil est au zénith ». En effet, c'est lorsque le soleil est haut dans le ciel que le rayonnement UVB est le plus intense, soit entre 10 h et 14 h GMT ou si vous préférez, entre 12 h et 16 h heure d'été. Or, la vitamine D est fabriquée par notre peau sous l'effet des rayons UVB. Le hic, c'est que les dermatologues français n'ont de cesse de déconseiller fortement l'exposition au soleil à ces heures-là...

 

Même s'il n'est absolument pas question de nier la dangerosité du soleil en cas d'expositions abusives, n'est-il pas enfin temps de sortir des discours infantilisants fondés sur la peur et de faire davantage appel à la responsabilité individuelle de chacun. Suivons l'exemple de nos amis anglais : confrontés à la progression du rachitisme dans leur pays, la position des sociétés de dermatologie a évolué au cours de l'année 2010 pour finalement rejoindre les conseils prodigués dans mon livre.

 

S'exposer au soleil même aux heures les plus chaudes de la journée ? Oui, c'est tout à fait possible, à cette seule condition que l'on respecte impérativement la règle de base formulée dans mon ouvrage : un peu, souvent, sans tomber dans le « rouge » (apparition d'une rougeur cutanée). Précisons que l'exposition au soleil ainsi définie doit bien entendu se faire sans protection solaire, sachant que les crèmes solaires empêchent la synthèse cutanée de vitamine D. Pour tout savoir sur la manière de s'exposer sans danger aux UV, je vous invite à vous reporter au chapitre 29 de mon livre.

 

> Cinquième et dernier point : les auteurs soulignent que « l'opportunité d'autres actions de santé publique (enrichissement et supplémentation en vitamine D) est également probablement à discuter ». Si vous ne vous exposez pas suffisamment au soleil durant la belle saison, n'hésitez pas à vous supplémenter en vitamine D dès octobre, à raison de 1500 à 2000 UI par jour. Procédez ainsi jusqu'au début du printemps. Vous augmenterez ainsi vos chances de conserver un taux sérique au-dessus de la valeur plancher.

 

 

Didier Le Bail

 

http://naturopathe-vincennes.sitew.com

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  • : La déficience en vitamine D est désormais reconnue comme une véritable pandémie. L'objectif de ce blog est de sensibiliser les internautes à l'importance de la vitamine D dans la prévention de très nombreux problèmes de santé, dont l'ostéoporose, les fractures, les cancers, les maladies cardio-vasculaires, auto-immunes et infectieuses (notamment grippe). En prime, tout un tas d'infos et conseils pratiques (groupes à risque, interprétation du test sanguin, supplémentation...).
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