Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

 

1782 : en Angleterre, le Dr Dale Perceval a l'idée de faire absorber de l'huile de foie de morue à des enfants atteints de rachitisme.

 

1827 : en France, le Dr Bretonneau a lui aussi l'idée d'administrer de l'huile de foie de morue aux enfants victimes de rachitisme.

 

1865 : dans son manuel de médecine clinique, le Dr Armand Trousseau est le premier à recommander à la fois l'absorption d'huile de foie de morue et l'exposition au soleil.

 

1890 : après s'être livré à une étude épidémiologique, un médecin anglais, le Dr Palm, conclut que le seul dénominateur commun pour expliquer le rachitisme est un manque d'exposition au soleil.

 

1922 : Elmer McCollum observe que l'huile de foie de morue conserve ses vertus antirachitiques même après totale destruction de la vitamine A. Il en déduit qu'il existe donc un deuxième facteur liposoluble qu'il baptise « vitamine D ».

 

1924 : aux États-Unis, des chercheurs de deux universités découvrent simultanément que la lumière du soleil est une source de vitamine D.

 

1932 : en Allemagne, Windaus, prix Nobel de chimie en 1928, parvient à isoler la vitamine D2, forme de vitamine D d'origine végétale (ergocalciférol).

 

1936 : le même Windaus isole la vitamine D3, forme de vitamine D d'origine animale (cholecalciférol), à partir de l'huile de foie de thon.

 

1952 : à Harvard, le Dr Woodward réalise la première synthèse de vitamine D3, ce qui lui vaut le prix Nobel de chimie en 1965.

 

1967 : aux USA, le Pr Anthony Norman découvre que la vitamine D est convertie par l'organisme en une hormone stéroïde, le calcitriol.

 

1969 : dans son laboratoire de recherche, le Pr Norman découvre l'existence du VDR (récepteur à la vitamine D). Le calcitriol agit en se liant à ce récepteur spécifique, présent dans au moins 37 organes et tissus différents. En termes plus imagés, le calcitriol s'apparente à une clé et le VDR a une serrure.

 

Depuis les années 70, les scientifiques étudient les effets extra-osseux de la vitamine D. Dans les années 80, des équipes de recherche découvrent ainsi que la vitamine D joue un rôle dans la modulation du système immunitaire, de même que dans la régulation de la prolifération cellulaire, notamment au niveau de la peau. Il en résulte la mise au point et la commercialisation, à partir de 1994, d'un dérivé synthétique de la vitamine D, le calcipotriol, destiné à traiter le psoriasis.

 

En juillet 2010, dans une interview accordée à Endocrine Today, le Pr Norman déclarait « qu'il existe maintenant des preuves irréfutables que des récepteurs présents un peu partout dans l'organisme, tant dans le cerveau, les muscles, le pancréas, le système immunitaire ou le système cardio-vasculaire, réagissent à la forme hormonale stéroïde de la vitamine D ». On sait aujourd'hui que le complexe calcitriol/VDR est à l'origine de l'expression de nombreux gènes. La première carte à l'échelle du génome de l'activité de la vitamine D a été publiée en 2010. Il en ressort que la vitamine D intervient dans l'expression de 229 gènes, dont un certain nombres impliqués dans les cancers, les maladies auto-immunes, l'hypertension, les infections, etc.

 

À posteriori, on s'aperçoit que la classification de la vitamine D parmi les vitamines n'est pas réellement pertinente. Une vitamine est apportée essentiellement par l'alimentation. Or, dans le cas de la vitamine D, l'exposition au soleil assure à elle seule 80, sinon 90 % des apports en vitamine D, le reste provenant de l'alimentation, surtout de la consommation de poissons gras. En outre, la plupart des autres vitamines se comportent plutôt en antioxydants ou cofacteurs de réactions enzymatiques. Avec la vitamine D, on est en présence d'un précurseur d'une hormone stéroïde puissante : le calcitriol, dérivé actif de la vitamine D. C'est pourquoi il serait plus juste que la vitamine D soit en fait appelée « hormone D » ! Sous sa forme active, la vitamine D agit sur le génome, influençant la production de protéines. Elle régule notamment l'expression de gènes chargés de coder des protéines antimicrobiennes telles que les cathélicidines et les défensines. Selon certains, la vitamine D serait en fait l'une des plus anciennes hormones connues, puisque produite par différentes formes de vie depuis plus de 750 millions d'années. Vous en conviendrez, la vitamine D a un statut vraiment à part dans l'univers des vitamines !

 

 

 

 

Partager cette page

Repost 0
Published by

Présentation

  • : Le blog de vitamined.over-blog.com
  • : La déficience en vitamine D est désormais reconnue comme une véritable pandémie. L'objectif de ce blog est de sensibiliser les internautes à l'importance de la vitamine D dans la prévention de très nombreux problèmes de santé, dont l'ostéoporose, les fractures, les cancers, les maladies cardio-vasculaires, auto-immunes et infectieuses (notamment grippe). En prime, tout un tas d'infos et conseils pratiques (groupes à risque, interprétation du test sanguin, supplémentation...).
  • Contact

Recherche

Liens